Un homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère contre un ami qui s’était montré injuste envers lui :« Laisse-moi te raconter une histoire… Il m’arrive aussi parfois de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n’en éprouvent aucun regret. Mais la haine t’épuise et ne blesse pas ton ennemi. C’est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J’ai souvent combattu ces sentiments ».
Il continua :
« c’est comme si j’avais deux loups à l’intérieur de moi : le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l’entoure et ne s’offense pas lorsqu’il n’y a pas lieu de s’offenser. Il combat uniquement lorsque c’est juste de le faire, et il le fait de manière juste. Mais l’autre loup, ah, il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n’importe qui, tout le temps, sans raison. Il n’est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère et pourtant sa colère ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l’intérieur de moi parce que tous deux veulent dominer mon esprit ».
Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda :
« lequel des deux l’emporte, grand-père ».
Le grand-père sourit et répondit doucement : « celui que je nourris ».
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cette histoire retrace le combat éxistant en tout homme entre le bien et le mal,la pulsion de vie et la pulsion de mort,.ce qui veut dire que les hommes sont parfois habités par des démons.
cette histoire est tout simplement la représentation de ce que je vis en ce moment……mais la différence, c’est que je ne suis pas encore assez forte pour en nourrir un seul……mais je m’y occupe très sérieusement!
Ne pas le nourrir, peut-être. Ne pas le brimer, surtout.
Lutter contre lui, lui donne de la vigueur.
Je ne vois ni bien ni mal, dans cette histoire, que de l’amour et sa version déviée : la peur.
“Le premier loup est plein de colère… Il est DESESPEREMENT en colère.”
Et d’où vient la colère? Du fait que quelque chose s’oppose à nous, qu’on ne peut pas la contrôler comme on le voudrait, et donc, cela nous fait peur.
La mère qui gifle son enfant qui vient de traverser la rue sans regarder n’est pas en colère, elle a eu très peur.
Ce loup-là est esclave de sa peur, de sa colère. J’éprouve de la compassion pour lui. Il n’est pas l’image du mal, ou du démon, mais celui de l’être qui tourne le dos à la Lumière, qui a perdu trace de lui-même (“il n’est pas capable de penser”) et qui en souffre terriblement.
Tous les êtres en colère sont des êtres blessés qui ont oublié qu’ils étaient les créateurs de leur vie et non des victimes.
Nourrir le loup en colère, c’est nourrir cette croyance que nous sommes des victimes, à la merci des autres et des évènements, c’est nourrir toutes les pensées qui nient notre Divinité.
Ce n’est pas un combat qui est nécessaire, mais une réconciliation avec soi-même.
Quand le loup en colère prendra le temps de s’arrêter et de regarder sa colère en face, ses blessures en face, et d’en assumer l’entière responsabilité, pas dans un sens de culpabilité, mais dans le sens de créateur de sa vie, il verra la peur derrière sa colère, qui le mèneront aux pensées erronées derrière cette peur, les pensées de séparation qui fait qu’on croit qu’on est seul et que la vie est une lutte, alors qu’elle est un jeu.
En réalité, ces deux loups ne sont qu’un, comme les deux faces de la lune.
Il n’y a même pas à s’occuper du loup en colère, juste nourrir celui qui voit l’harmonie et l’unité de toute chose, et petit à petit, l’autre loup va disparaître de lui-même, comme la lune quand elle approche d’être pleine.
Namasté,
lénah
Ce qui est spontané, est innocent. La colère est le plus souvent spontanée, elle est innocente, saine.
Elle n’est dirigée contre personne. Elle est une expression de sa propre nature. Elle n’a pas de but. Elle ne cherche pas à durer. Elle est impersonnelle.
Les choses se gâtent quand l’accès de colère obéit à une raison, se sert d’un prétexte, ou quand on veut réprimer sa colère au nom de certains idéaux.
Dans le premier cas, on épouse une violence, une animosité qui est déjà là, dans les pensées. Dans le second, on se falsifie, on triche avec soi-même.
Il est bien possible que dans notre exemple, l’enfant soit en colère contre luii-même. Il n’est pas libre de réagir à cause de certains principes qu’on lui a inculqués. Il est possible qu’il soit en colère contre l’impasse où ces principes l’ont mis, voire contre ceux qui l’ont mis dans cette impasse.