Le conditionnement social

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Via nos parents, l’école et les médias, on nous transmet de génération en génération un savoir.
Nous sommes pour la plupart, persuadé d’être acteurs dans la société. Et nous avons raison parce ce n’est pas l’acteur qui dirige le film. L’acteur est bien payé et joue très bien son rôle.

Quel effet cela ferait-il d’être acteur, réalisateur et producteur à la fois? Quel effet cela ferait-il de pouvoir nous approprier complètement le film de notre vie?

Il est des choses qui paraissent évidentes mais qui, en y réfléchissant, ne le sont peut-être pas.
Réfléchir, non pas avec son savoir (comme acteur) mais plutôt, avec son ressenti le plus profond. Considérons le savoir comme l’expérience d’une tierce personne dont on va tirer des conclusions. Mais, de grâce, n’oublions pas de tirer des conclusions. C’est à dire, qu’il faut observer, critiquer, remettre en question les conclusions déjà proposées et peut-être même réitérer l’expérience en cas de doute.

Deux règles suffisent:

Ne jamais atteindre à l’intégrité morale ou physique de nos semblables (considérons l’autre comme une partie fragile de nous même)(considérons aussi que nous faisons partie, nous-même, de nos semblables). Entretenir l’environnement dans lequel nous vivons.

Ces règles sont simples et quiconque prétend ne pas les comprendre ou les interprète de telle manière à les contourner, se ment à lui-même. Nous savons tous au fond de nous-même ce qui serait le meilleur pour nous. Dès le moment où nous avons cette connaissance, nous savons ce qui est le meilleur pour autrui.
Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent. Et donne aux autres ce que tu aimerais recevoir de leur part. N’attends rien en retour autant que tu n’attendras jamais de ta propre main qu’elle te remercie de lui avoir mis un gant pour la protéger.

Ne croyez pas les individus, fiez-vous aux enseignements ; ne croyez pas les mots, fiez-vous au sens ultime, ne croyez pas l’intellect, fiez-vous à la Sagesse. Bouddha


11 réponses

  1. On devient parent sans guère avoir réfléchi, préalablement, à ce que c’est qu’un père ou une mère, et à ce que c’est qu’un enfant.
    Et quand on a des idées, c’est souvent pire. Elles sont le produit de convictions, d’idéologies diverses.

    Quand je dis réfléchir à ces choses, j’entends par là se demander :
    - quelle idée je me fais d’un père, d’une mère, d’un enfant bien éduqué ?
    - d’où me viennent ces idées, sur quoi reposent-elles ?
    On s’apercevrait sans doute qu’on se prépare à incarner un rôle complètement conditionné.
    Ce qui signifie que c’est ce conditionnement qui va entrer en relation avec l’enfant et que l’on va transmettre.
    Pour une éducation différente, plus respectueuse, plus aimante et plus stable, inutile de lire des ouvrages – on deviendra des éducateurs de seconde main – juste prendre conscience de son conditionnement personnel, prendre conscience de ses idées, de ses désirs, c’est déjà changer la donne.
    Parce que ce qui sépare un petit enfant d’un adulte, ce n’est pas leur nature propre, leurs besoins propres, leurs dignités propres, leurs droits propres, ce sont tous ces préjugés, prétendus savoirs,peurs et égoïsmes que l’adulte a emmagasinés.

  2. Il y a des livres qui aident à prendre conscience, justement, de ces préjugés, prétendus savoirs, peurs qui sont en nous, transmis par nos parents qui les ont eux-mêmes reçus des leurs…
    Je suis reconnaissante envers certains livres qui m’ont aidée à sortir d’un aveuglement qui m’aurait fait reproduire ce dont j’avais moi-même souffert.
    Comme “C’est pour ton bien”, de Alice Miller…
    Et ensuite, je suis d’accord avec toi, une fois un certain nettoyage mental fait, des peurs dépassées, laisser parler son coeur, et voir l’enfant comme une âme, un autre Soi-même…

    • Je suis d’accord avec toi que certains livres peuvent nous aider à ouvrir les yeux.
      Pour aller un peu plus loin dans cette histoire de conditionnement, je dirais grossièrement qu’il y a un conditionnement qui vient des premières relations psycho-affectives avec notre entourage, et un conditionnement socio-culturel autour des notions de parents.

      La première sorte de conditionnement va plutôt produire des rapports d’identification-appropriation avec notre enfant. (attentes affectives, attentes de reconnaissance, attentes de plaisir)
      La seconde sorte, c’est la recherche de la bonne conscience, de la bonne image vis à vis de la société..
      La morale acquise, les valeurs sociales acquises déclenchent, commandent nos réactions et les buts que l’on fixe à notre enfant.

  3. Je vous renvoie à cette belle métaphore sur le site du Guerrier Pacifique:


    “L’enfant qui aimait le sucre”

    On raconte qu’un jour, en Inde, une femme vient à l’ashram de Gandhi, accompagnée de son fils d’une dizaine d’années, et demande à le rencontrer, car elle a entendu parler de sa sagesse.

    ➦Lire la suite ici

  4. Tout à fait d’accord avec toi, Jean-Louis. J’ai pris conscience il y a très peu de temps que j’avais tendance, quand j’étais en relation avec mes enfants, à me positionner en tant que “mère” avec tous les schémas et conditionnements mentaux que cela suppose, et à voir mes enfants comme “mon fils”, “ma fille”, pas dans un sens de possession mais de “devoir d’éducation”, ce qui fausse également les rapports.

    A présent, je cherche à les voir comme une âme, avec le regard de l’Amour inconditionnel dont le but premier est d’encourager l’autre à être libre, à croire en lui-même, à s’aimer lui-même, à s’épanouir dans toutes ses potentialités.
    Mais pour arriver à faire cela, il fautd’abord que je le vive pour moi-même, et ya encore du boulot!

    Namaste,
    lénah

  5. Il y a quelques années, je sais, que j’aurais été une autre style de mère; beaucoup plus centrée sur moi même et ce que je voulais moi…je suis tellement heureuse de mon “évolution” et la façon dont je vois mes enfants maintenant. On parle beaucoup, et, même si je suis leur “maman”, je me sens très proche d’eux…je n’impose rien, j’essaie de juste les guider, être là, pour eux, de les aimer…et surtout, ne pas trop les conditionner….

  6. Que fait-on lorsque l’on est père de famille :
    -si l’on est satisfait de l’éducation que l’on a reçue, on fait la même chose.
    -si l’on en est mécontent, si l’on pense qu’elle était néfaste. On fait exactement le contraire.
    Faire une chose où son contraire, c’est quand même faire la même chose, il n’y a que le signe algébrique qui est changé, mais c’est toujours le même conditionnement.
    On ne peut être que de mauvais parents. Je ne dis pas ça par pessimisme, bien au contraire. Je pense que nous agissons ainsi, parce que nous voudrions qu’ils soient comme ceci ou comme cela, mais toujours une image idéale de nous même, c’est à dire de notre égo.
    Enfin, on peut leur enseigner quand même à faire aux autres, ce qu’ils voudraient qu’on leur fassent.

  7. Merci Gilbert et bienvenu,

    (…)Je pense que nous agissons ainsi, parce que nous voudrions qu’ils soient comme ceci ou comme cela, mais toujours une image idéale de nous même, c’est à dire de notre égo.(…) Gilbert

    Je suis du même avis que toi par rapport à ce désir caché de l’égo.

    A mon sens, il s’agit d’apprendre à nos enfants, non pas à faire, mais à être. Être, tout simplement.

    Je pense aussi que l’éducation passe essentiellement par l’exemple. Comme l’illustre bien le film. Les enfants sont sensibles à ce que nous dégageons en terme d’émotions et ressentis plus qu’à nos discours moralisateurs.

    Je pense que les enfants nous ressentent avant de nous comprendre. C’est pour cela que l’éducation commence déjà lorsque le bébé est dans le ventre. Je pense que l’enfant est sensible au climat émotionnel qui va l’entourer tout le temps de son développement dans le ventre. Climat qui sera transmit à la fois par la maman et le papa.

    C’est pour cela qu’il faut pouvoir se donner les moyens de se détacher de ce conditionnement qui régis notre vie depuis la tendre enfance avant de vouloir donner la vie. En tout cas, être dans une démarche qui va dans ce sens.

    C’est aussi pour cela qu’il n’existe pas que deux possibilités : faire la même chose ou le contraire. Je pense qu’il existe aussi la possibilité de faire quelque chose de différent…

    Et l’envie de se rééduquer devait toujours précéder celle d’éduquer. L’envie de se connaitre devait toujours précéder celle de transmettre des connaissances.

    Et entendons-nous bien, je ne parle pas du bonheur de l’enfant mais bien de celui des parents.

    Le bonheur de l’enfant dépend à peine de l’éducation que nous allons lui donner.

    Le bonheur de nos enfants dépend de notre bonheur !

    C’est parce que nous faisons la différence entre la souffrance et le bonheur que nous pensons devoir tirer nos enfants d’un coté plutôt que de l’autre. C’est une erreur que nous leur transmettons.

    Si un jour quelqu’un décide de créer une ambiance bougie pour une soirée en tête à tête, pensez-vous que c’est parce qu’il ne sait pas où se trouve l’interrupteur? C’est cette même envie d’obscurité qui est à la base de notre choix d’incarnation.

    Pensez-vous qu’il n’y ait pas un sens à toute cette souffrance que nous vivons tout au long de notre vie?

    Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas plus de suicide? Qu’est-ce qui nous pousse à faire face à l’adversité? qu’est-ce qui nous pousse à ne pas allumer la lumière quand l’obscurité se fait sentir autour de la bougie?

    Allumer la lumière, c’est mettre fin à sa vie.

    Si nous ne le faisons pas, c’est parce que nous sommes intuitivement attiré par l’effet magique de l’obscurité sur la flamme d’une bougie…

    Et vous aurez compris que l’obscurité, c’est toute cette souffrance qui nous entoure pour permettre à notre lumière de briller dans toute sa splendeur…

    N’essayons pas d’allumer la lumière pour nos enfants. Essayons plutôt de partager notre bonheur de briller plus que jamais dans cette divine obscurité…

    A mon sens, c’est cela que nous devons transmettre à nos enfants…

    Namaste

    A lire aussi :

    ➦ Vos enfants

    ➦Pour les jeunes parents

    ➦Tu seras un Homme mon fils

    .

  8. C’est bien vu, ce que vous dites Gilbert : reproduire ou faire le contraire.
    Mais cela révèle, dans un cas comme dans l’autre, que l”éducation n’est pas quelque chose qui émane de nous, une démarche dont nous assumons les raisons. C’est la conséquence d’un déterminisme qui nous gouverne.
    Ces déterminations qui se transmettent de génération en génération, cette dépossession de l’éducateur, ont un but, une fonction : faire de chaque parent une courroie de transmission de la société.
    C’est ce qui se passe tant que le sens donné à l’éducation est la formation du citoyen. Concept surconditionné qui déclenche toutes les réactions correspondantes.
    L’éducation doit être tout autre chose. La société n’existe pas.

  9. Ca me parle beaucoup, Gnothi, ton article. C’est très juste. Souvent, ce sont des enfants (spirituels) qui ont des enfants. Ce fut mon cas, en tout cas.

    “Et l’envie de se rééduquer devait toujours précéder celle d’éduquer. L’envie de se connaitre devait toujours précéder celle de transmettre des connaissances.”

    Je pense que souvent, nous voulons éduquer ou enseigner comme une façon de guérir ou réparer une éducation ou un enseignement que nous avons reçu et qui nous a blessé.

    C’est ainsi que suis aussi persuadée que tout ceux qui font un métier auprès d’enfants ou de personnes en souffrance le font en premier pour eux-même, pour tenter de guérir ou de réparer leur propre souffrance.
    J’en parle d’expérience.
    Cela peut être un plus quand on le fait en conscience, mais c’est à double tranchant quand on est dans l’inconscience, car on projette au lieu de comprendre.

    La remarque de Gilbert est juste, car je l’ai vécue. Je savais exactement ce que je ne voulais pas faire subir à mes enfants, mais je ne savais pas comment leur offrir ce que je n’avais pas moi-même reçu, alors dans cette crainte, j’ai fait exactement le contraire.
    Ce n’est lorsque j’ai commencé à voir la Lumière que j’ai pu entreprendre ce chemin de m’aimer moi-même pour mieux aimer mes enfants.
    C’est pourquoi celle de Gnothi est juste pour moi également. Grâce à Dieu, il y a une autre approche. Mais cette approche ne vient pas d’un choix mental, d’un faire, mais d’une réalisation personnelle, et cela suppose un travail de connaissance de soi. Gnothi Seauton…

  10. “(…) C’est ainsi que suis aussi persuadée que tout ceux qui font un métier auprès d’enfants ou de personnes en souffrance le font en premier pour eux-même, pour tenter de guérir ou de réparer leur propre souffrance.
    J’en parle d’expérience.
    Cela peut être un plus quand on le fait en conscience, mais c’est à double tranchant quand on est dans l’inconscience, car on projette au lieu de comprendre.(…) Lénah

    C’est effectivement ce que je vis en ce moment. J’ai commencé par le faire sans en être conscient puis, finalement, depuis que je suis dans cette démarche de recherche spirituelle, je vois les choses tout à fait différemment. Et la qualité de mon travail s’en ai vu nettement amélioré. Autant dans le plaisir de donner que dans celui de recevoir… Les deux sensations se mélangeant l’une à l’autre… Un sourire,un regard, une colère, des insultes, des rires, des larmes, de la reconnaissance… Je ne pensais pas que toutes ces émotions puissent un jour n’avoir plus qu’une seule signification une fois le mental mis de coté. Une démonstration de pur amour…

    Namaste

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