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Le pouvoir du moment présent

gnothi seauton

LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT

Par Eckhart Tolle

Se sortir de la souffrance par la conscience


Ne créez plus de souffrance dans le présent

Personne n’est tout à fait libéré de la souffrance et du chagrin. Ne s’agit-il pas de vivre avec cela plutôt que d’essayer de l’éviter?

La plus grande partie de la souffrance humaine est inutile. On se l’inflige à soi-même aussi longtemps que, à son insu, on laisse le mental prendre le contrôle de sa vie.

La souffrance que vous créez dans le présent est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à ce qui est. Sur le plan de la pensée, la résistance est une forme de jugement. Sur le plan émotionnel, c’est une forme de négativité. L’intensité de la souffrance dépend du degré de résistance au moment présent, et celle-ci, en retour, dépend du degré d’identification au mental. Le mental cherche toujours à nier le moment présent et à s’en échapper. Autrement dit, plus on est identifié à son mental, plus on souffre. On peut également l’énoncer ainsi: plus on est à même de respecter et d’accepter le moment présent, plus on est libéré de la douleur, de la souffrance et du mental.

Pourquoi le mental a-t-il tendance à nier l’instant présent ou à y résister? Parce qu’il ne peut fonctionner et garder le contrôle sans le temps, c’est-à-dire sans le passé et le futur. Il perçoit donc l’intemporel instant présent comme une menace. En fait, le temps et le mental sont indissociables.

Imaginez la Terre dépourvue de toute vie humaine et n’abritant que plantes et animaux. Y aurait-il encore un passé et un futur? Parler du temps aurait-il encore un sens? La question « Quelle heure est-il? » ou « Quelle date sommes-nous? » – s’il y avait quelqu’un pour la poser – serait vraiment insignifiante. Le chêne ou l’aigle resteraient perplexes devant une telle question. « Quelle heure? » demanderaient-ils. « Euh, bien entendu, il est…maintenant. Nous sommes maintenant. Existe-t-il autre chose? ».

Bien sûr, pour fonctionner en ce monde, nous avons besoin du mental ainsi que du temps. Mais vient un moment où ils prennent le contrôle de notre vie, et c’est alors que s’installent le dysfonctionnement, la souffrance et le chagrin.

Pour assurer sa position dominante, le mental cherche continuellement à dissimuler l’instant présent derrière le passé et le futur. Par conséquent, lorsque la vitalité et le potentiel créatif infini de l’Être, indissociable du moment présent, sont jugulés par le temps, votre nature véritable est éclipsée par le mental. Une charge de temps de plus en plus lourde s’accumule sans cesse dans l’esprit humain. Tous les individus pâtissent sous ce fardeau, mais ils continuent aussi de l’étoffer chaque fois qu’ils ignorent ou nient ce précieux instant, ou le réduisent à un moyen d’arriver à quelque instant futur qui n’existe que dans le mental, jamais dans la réalité. L’accumulation de temps dans le mental humain, collectif et individuel comporte également, en quantité immense, des résidus de souffrance passée.

Si vous ne voulez plus créer de souffrance pour vous-même et pour d’autres, si vous ne voulez plus rien ajouter aux résidus de cette souffrance passée qui vit encore en vous, ne créez plus de temps, ou du moins, n’en créez pas plus qu’il ne vous en faut pour faire face à la vie de tous les jours. Comment cesser de créer du temps? Prenez profondément conscience que le moment présent est toujours uniquement ce que vous avez. Faites de l’instant présent le point de mire principal de votre vie. Tandis qu’auparavant vous habitiez le temps et accordiez de petites visites à l’instant présent, faites du « maintenant » votre lieu de résidence principal et accordez de brèves visites au passé et au futur lorsque vous devez affronter les aspects pratiques de votre vie. Dites toujours « oui » au moment présent. Qu’y aurait-il de plus futile, de plus insensé, que de résister intérieurement à ce qui est déjà? Qu’y a-t-il de plus fou que de s’opposer à la vie même, qui est maintenant, toujours maintenant? Abandonnez-vous à ce qui est. Dites « oui » à la vie et vous la verrez soudainement se mettre à fonctionner pour vous plutôt que contre vous.

L’instant présent est parfois inacceptable, désagréable ou affreux.

Il est comme il est. Observez de quelle façon le mental l’étiquette et à quel point ce processus d’étiquetage, cette continuelle attitude de jugement, crée chagrin et tourment. En regardant attentivement les rouages du mental, vous sortez de ces schèmes de résistance et pouvez ensuite laisser le moment présent être. Cela vous fera goûter l’état de liberté intérieure face aux conditions extérieures, l’état de véritable paix intérieure. Puis, voyez ce qui arrive et passez à l’action si c’est nécessaire ou possible. Acceptez, puis agissez. Quoi que vous réserve le présent, acceptez-le comme si vous l’aviez choisi. Allez toujours dans le même sens que lui, et non à contresens. Faites-vous en un ami et un allié, et non un ennemi. Cela transformera miraculeusement toute votre vie.

La douleur du passé: comment dissiper le corps de souffrance

Tant que vous êtes incapable d’accéder au pouvoir de l’instant présent, chaque souffrance émotionnelle que vous éprouvez laisse derrière elle un résidu. Celui-ci fusionne avec la douleur du passé, qui était déjà là, et se loge dans votre mental et votre corps. Bien sûr, cette souffrance comprend celle que vous avez éprouvée enfant, causée par l’inconscience du monde dans lequel vous êtes né.

Cette souffrance accumulée est un champ d’énergie négative qui habite votre corps et votre mental. Si vous la considérez comme une entité invisible à part entière, vous n’êtes pas loin de la vérité. Il s’agit du corps de souffrance émotionnel. Il a deux modes d’être: latent et actif. Un corps de souffrance peut être latent quatre-vingt-dix pour cent du temps. Chez une personne profondément malheureuse, cependant, il peut être actif tout le temps. Certaines personnes vivent presque entièrement dans leur corps de souffrance, tandis que d’autres ne le ressentent que dans certaines situations, par exemple dans les relations intimes ou les situations rappelant une perte ou un abandon survenus dans leur passé, au moment d’une blessure physique ou émotionnelle. N’importe quoi peut servir de déclencheur, surtout ce qui fait écho à un scénario douloureux de votre passé. Lorsque le corps de souffrance est prêt à sortir de son état latent, une simple pensée ou une remarque innocente d’un proche peuvent l’activer.

Plusieurs corps de souffrance sont exécrables mais relativement inoffensifs, comme c’est le cas chez un enfant qui ne cesse de se plaindre. D’autres sont des monstres vicieux et destructeurs, de véritables démons. Certains sont physiquement violents, alors que beaucoup d’autres le sont sur le plan émotionnel. Ils peuvent attaquer les membres de leur entourage ou leurs proches, tandis que d’autres préfèrent assaillir leur hôte, c’est-à-dire vous-même. Les pensées et les sentiments que vous entretenez à l’égard de votre vie deviennent alors profondément négatifs et autodestructeurs. C’est ainsi que les maladies et les accidents sont souvent générés. Certains corps de souffrance mènent leur hôte au suicide.

Si vous pensiez connaître une personne, ce sera tout un choc pour vous que d’être soudainement confronté pour la première fois à cette créature étrangère et méchante. Il est cependant plus important de surveiller le corps de souffrance chez vous que chez quelqu’un d’autre. Remarquez donc tout signe de morosité, peu importe la forme qu’elle peut prendre. Ceci peut annoncer le réveil du corps de souffrance, celui-ci pouvant se manifester sous forme d’irritation, d’impatience, d’humeur sombre, d’un désir de blesser, de colère, de fureur, de dépression, d’un besoin de mélodrame dans vos relations, et ainsi de suite. Saisissez-le au vol dès qu’il sort de son état latent. Le corps de souffrance veut survivre, tout comme n’importe quelle autre entité qui existe, et ne peut y arriver que s’il vous amène à vous identifier inconsciemment à lui. Il peut alors s’imposer, s’emparer de vous, « devenir vous » et vivre par vous. Il a besoin de vous pour se « nourrir ». En fait, il puisera à même toute expérience entrant en résonance avec sa propre énergie, dans tout ce qui crée davantage de douleur sous quelque forme que ce soit: la colère, un penchant destructeur, la haine, la peine, un climat de crise émotionnelle, la violence et même la maladie. Ainsi, lorsqu’il vous aura envahi, le corps de souffrance créera dans votre vie une situation qui reflètera sa propre fréquence énergétique, afin de s’en abreuver. La souffrance ne peut soutenir qu’elle-même. Elle ne peut se nourrir de la joie, qu’elle trouve vraiment indigeste.

Lorsque le corps de souffrance s’empare de vous, vous en redemandez. Soit vous êtes la victime, soit le bourreau. Vous voulez infliger de la souffrance ou vous voulez en subir, ou bien les deux. Il n’y a pas grande différence. Vous n’en êtes pas conscient, bien entendu, et vous soutenez avec véhémence que vous ne voulez pas de cette souffrance. Mais si vous regardez attentivement, vous découvrez que votre façon de penser et votre comportement font en sorte d’entretenir la souffrance, la vôtre et celle des autres. Si vous en étiez vraiment conscient, le scénario disparaitrait de lui-même, car c’est folie pure que de vouloir souffrir davantage et personne ne peut être conscient et fou en même temps.

En fait, le corps de souffrance, qui est l’ombre de l’ego, craint la lumière de votre conscience
. Il a peur d’être dévoilé. Sa survie dépend de votre identification inconsciente à celui-ci et de votre peur inconsciente d’affronter la douleur qui vit en vous. Mais si vous ne vous mesurez pas à elle, si vous ne lui accordez pas la lumière de votre conscience, vous serez obligé de la revivre sans arrêt. Le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre que vous ne pouvez supporter de regarder, mais je vous assure que c’est un fantôme minable qui ne fait pas le poids face au pouvoir de votre présence.

D’après certains enseignements spirituels, toute souffrance est en définitive une illusion, et c’est juste. Mais est-ce vrai pour vous? Le simple fait d’y croire n’en fait pas une vérité. Voulez-vous éprouver de la souffrance pour le reste de votre vie en continuant de prétendre qu’elle est illusoire? Cela vous libère-t-il de la souffrance? Ce qui nous préoccupe ici, c’est comment actualiser cette vérité, c’est-à-dire comment en faire une réalité dans sa vie.

En somme, le corps de souffrance ne désire pas que vous l’observiez directement parce qu’ainsi vous le voyez tel qu’il est. En fait, dès que vous ressentez son champ énergétique et que vous lui accordez votre attention, l’identification est rompue. Et une dimension supérieure de la conscience entre en jeu. Je l’appelle la présence. Vous êtes dorénavant le témoin du corps de souffrance. Cela signifie qu’il ne peut plus vous utiliser en se faisant passer pour vous et qu’il ne peut plus se régénérer à travers vous. Vous avez découvert votre propre force intérieure. Vous avez accédé au pouvoir de l’instant présent.

Qu’advient-il du corps de souffrance lorsque nous devenons suffisamment conscient pour rompre notre identification à celui-ci?

L’inconscience le crée, la conscience le métamorphose.
Saint Paul a exprimé ce principe universel de façon magnifique: « On peut tout dévoiler en l’exposant à la lumière, et tout ce qui est ainsi exposé devient lui-même lumière. » Tout comme vous ne pouvez vous battre contre l’obscurité, vous ne pouvez pas non plus vous battre contre le corps de souffrance. Essayer de le faire créerait un conflit intérieur et, par conséquent, davantage de souffrance. Il suffit de l’observer et cela suppose l’accepter comme une partie de ce qui est en ce moment.

Le corps de souffrance est composé d’énergie vitale prise au piège qui s’est séparée de votre champ énergétique global et qui est temporairement devenue autonome par le processus artificiel de l’identification au mental. Elle s’est retournée contre elle-même pour s’opposer à la vie, comme un animal qui essaie de dévorer sa propre queue. Pourquoi, selon vous, notre civilisation est-elle devenue si destructrice envers la vie? Malgré tout, les forces destructrices restent de l’énergie vitale.

Lorsque vous commencerez à vous désidentifier et à devenir l’observateur, le corps de souffrance continuera de fonctionner un certain temps et tentera de vous amener, par la ruse, à vous identifier de nouveau à lui. Même si la non-identification ne l’énergise plus, il gardera un certain élan, comme la roue de la bicyclette continue de tourner même si vous ne pédalez plus. A ce stade, il peut également créer des maux et des douleurs physiques dans diverses parties du corps, mais ceux-ci ne dureront pas. Restez présent, restez conscient. Soyez en permanence le vigilant gardien de votre espace intérieur. Il vous faut être suffisamment présent pour pouvoir observer directement le corps de souffrance et sentir son énergie. Ainsi, il ne peut plus contrôler votre pensée. Dès que votre pensée se met au diapason du champ énergétique de votre corps de souffrance, vous y êtes identifié et vous le nourrissez à nouveau de vos pensées.

Par exemple, si la colère en est la vibration énergétique prédominante et que vous avez des pensées de colère, que vous ruminez ce que quelqu’un vous a fait ou ce que vous allez lui faire, vous voilà devenu inconscient et le corps de souffrance est dorénavant « vous-même ». La colère cache toujours de la souffrance. Lorsqu’une humeur sombre vous vient et que vous amorcez un scénario mental négatif en vous disant combien votre vie est affreuse, votre pensée s’est mise au diapason de ce corps et vous êtes alors inconscient et ouvert à ses attaques. Le mot « inconscient », tel que je l’entends ici, veut dire être identifié à un scénario mental ou émotionnel. Il implique une absence complète de l’observateur.

L’attention consciente soutenue rompt le lien entre le corps de souffrance et les processus de la pensée. C’est ce qui amène la métamorphose. Comme si la souffrance alimentait la flamme de votre conscience qui, ensuite, brille par conséquent d’une lueur plus vive. Voilà la signification ésotérique de l’art ancien de l’alchimie: la transmutation du vil métal en or, de la souffrance en conscience. La division intérieure est résorbée et vous redevenez entier. Il vous incombe alors de ne plus créer de souffrance.

Permettez-moi de résumer le processus. Concentrez votre attention sur le sentiment qui vous habite. Sachez qu’il s’agit du corps de souffrance. Acceptez le fait qu’il soit là. N’y pensez pas. Ne transformez pas le sentiment en pensée. Ne le jugez pas. Ne l’analysez pas. Ne vous identifiez pas à lui. Restez présent et continuez d’être le témoin de ce qui se passe en vous. Devenez conscient non seulement de la souffrance émotionnelle, mais aussi de « celui qui observe », de l’observateur silencieux. Voici ce qu’est le pouvoir de l’instant présent, le pouvoir de votre propre présence consciente. Ensuite, voyez ce qui se passe.

Chez de nombreuses femmes, le corps de souffrance se réveille particulièrement au moment qui précède le cycle menstruel. Je reviendrai de façon plus détaillée sur ce phénomène et sur sa raison d’être. A présent, permettez-moi seulement de dire ceci: si vous êtes capable de rester vigilant et présent dans l’instant et d’observer tout ce que vous ressentez, plutôt que d’être envahi par la chose, cet instant vous donnera alors l’occasion de faire l’expérience de la pratique spirituelle la plus puissante. Et toute la souffrance passée pourra se transmuter rapidement.

Identification de l’ego au corps de souffrance

Le processus que je viens de décrire est profondément puissant mais simple. On pourrait l’enseigner à un enfant, et espérons qu’un jour ce sera l’une des premières choses que les enfants apprendront à l’école. Lorsque vous aurez compris le principe fondamental de la présence, en tant qu’observateur, de ce qui se passe en vous – et que vous le « comprendrez » par l’expérience -, vous aurez à votre disposition le plus puissant des outils de transformation.

Ne nions pas le fait que vous rencontrerez peut-être une très grande résistance intérieure intense à vous désidentifier de votre souffrance. Ce sera particulièrement le cas si vous avez vécu étroitement identifié à votre corps de souffrance la plus grande partie de votre vie et que le sens de votre identité personnelle y est totalement ou partiellement investi. Cela signifie que vous avez fait de votre corps de souffrance un moi malheureux et que vous croyez être cette fiction créée par votre mental. Dans ce cas, la peur inconsciente de perdre votre identité entraînera une forte résistance à toute désidentification. Autrement dit, vous préféreriez souffrir, c’est-à-dire être dans le corps de souffrance, plutôt que de faire un saut dans l’inconnu et de risquer de perdre ce moi malheureux mais familier.

Si tel est votre cas, examinez cette résistance. Regardez de près l’attachement à votre souffrance. Soyez très vigilant. Observez le plaisir curieux que vous tirez de votre tourment, la compulsion que vous avez d’en parler ou d’y penser. La résistance cessera si vous la rendez consciente. Vous pourrez alors accorder votre attention au corps de souffrance, rester présent en tant que témoin et ainsi amorcer la transmutation.

Vous seul pouvez le faire. Personne ne peut y arriver à votre place.
Mais si vous avez la chance de trouver quelqu’un intensément conscient, si vous pouvez vous joindre à cette personne dans l’état de présence, cela pourra accélérer les choses. Ainsi, votre propre lumière s’intensifiera rapidement. Lorsqu’une bûche qui commence à peine à brûler est placée juste à côté d’une autre qui flambe ardemment et qu’au bout d’un certain temps elles sont séparées, la première chauffera avec beaucoup plus d’ardeur qu’au début. Après tout, il s’agit du même feu. Jouer le rôle du feu, c’est l’une des fonctions d’un maître spirituel. Certains thérapeutes peuvent également remplir cette fonction, pourvu qu’ils aient dépassé le plan mental et qu’ils soient à même de créer et de soutenir un état intense de présence pendant qu’ils s’occupent de vous.

Origine de la peur

Vous avez dit que la peur faisait partie de notre souffrance émotionnelle sous-jacente fondamentale. Comment survient-elle et pourquoi y en a-t-il tant dans la vie des gens? Est-ce qu’un certain degré de peur n’est pas une forme de saine autoprotection? Si je ne craignais pas le feu, peut-être que j’y mettrais la main et que je m’y brûlerais.

La raison pour laquelle vous ne mettez pas la main sur le feu, c’est que vous savez que vous vous brûleriez et non pas que vous en avez peur. Vous n’avez pas besoin de la peur pour éviter le danger inutile; seul un minimum d’intelligence et de bon sens est nécessaire. Pour ce genre de questions pratiques, il est utile d’appliquer les leçons apprises dans le passé. Par contre, si quelqu’un vous menaçait de vous brûler ou d’être violent à votre égard, vous pourriez éprouver quelque chose ressemblant à de la peur. Il s’agit en fait d’un recul instinctif devant le danger et non pas de l’état psychologique de peur dont nous parlons ici. La peur psychologique n’a rien à voir avez la peur ressentie face à un danger concret, réel et immédiat. La peur psychologique se présente sous une multitude de formes: un malaise, une inquiétude, de l’anxiété, de la nervosité, une tension, de l’appréhension, une phobie, etc. Ce type de peur concerne toujours quelque chose qui pourrait survenir et non pas ce qui est en train d’arriver. Vous êtes dans l’ici-maintenant, tandis que votre mental est dans le futur. Cela crée un hiatus chargé d’anxiété. Et si vous êtes identifié à votre mental et que vous avez perdu contact avec la puissance et la simplicité de l’instant présent, ce hiatus sera votre fidèle compagnon. Vous pouvez toujours composer avec l’instant présent, mais vous ne pouvez pas le faire avec ce qui n’est qu’une projection du mental. Bref, vous ne pouvez pas composer avec le futur.

En outre, comme je l’ai déjà souligné, tant que vous êtes identifié à votre mental, l’ego mène votre vie. À cause de sa nature fantomatique et en dépit de mécanismes de défense élaborés, l’ego est très vulnérable et inquiet. Il se sent constamment menacé. Ce qui est d’ailleurs le cas, même si, vu de l’extérieur, il donne l’impression d’être sûr de lui. Alors, rappelez-vous qu’une émotion est une réaction du corps à votre mental. Quel message le corps reçoit-il continuellement de l’ego, ce moi faux et artificiel? Danger, je suis menacé. Et quelle est l’émotion générée par ce message continuel? La peur, bien entendu.

La peur semble avoir bien des causes: une perte, un échec, une blessure, etc. Mais en définitive, toute peur revient à la peur qu’a l’ego de la mort, de l’anéantissement. Pour l’ego, la mort est toujours au détour du chemin. Dans cet état d’identification au mental, la peur de la mort se répercute sur chaque aspect de votre vie. Par exemple, même une chose apparemment aussi insignifiante et « normale » que le besoin compulsif d’avoir raison et de vouloir donner tort à l’autre – en défendant la position mentale à laquelle vous vous êtes identifié – est due à la peur de la mort. Si vous vous identifiez à cette position mentale et que vous ayez tort, le sens de votre moi, qui est fondé sur le mental, est sérieusement menacé d’anéantissement. En tant qu’ego, vous ne pouvez alors vous permettre d’avoir tort, puisque cela signifie mourir. Cet enjeu a engendré des guerres et d’innombrables ruptures.

Lorsque vous vous serez désidentifié de votre mental, avoir tort ou raison n’aura aucun impact sur le sens que vous avez de votre identité. Et le besoin si fortement compulsif et si profondément inconscient d’avoir raison, qui est une forme de violence, ne sera plus là. Vous pourrez énoncer clairement et fermement la façon dont vous vous sentez ou ce que vous pensez, mais sans agressivité ni en étant sur la défensive. Le sens de votre identité proviendra alors d’un espace intérieur plus profond et plus vrai que le mental. Prenez garde à toute manifestation de défensive chez vous. Que défendez-vous alors? Une identité illusoire, une représentation mentale, une entité fictive? En conscientisant ce scénario, en en étant le témoin, vous vous désidentifierez de lui. À la lumière de votre conscience, le scénario inconscient disparaîtra alors rapidement. Ce sera la fin des querelles et des jeux de pouvoir, si corrosifs pour les relations. Le pouvoir sur les autres, c’est de la faiblesse déguisée en force. Le véritable pouvoir est à l’intérieur et il est déjà vôtre.

Ainsi, quiconque est identifié à son mental et, par conséquent, coupé de son pouvoir véritable, de son moi profond enraciné dans l’Être, sera affligé d’une peur constante.
Comme le nombre de gens ayant dépassé le mental est encore extrêmement restreint, on peut tenir pour acquis que presque tous ceux que l’on rencontre ou que l’on connaît vivent dans la peur. Seule l’intensité varie. Elle fluctue entre l’anxiété et la terreur à un bout de l’échelle, et entre un vague malaise et un lointain sentiment de menace à l’autre bout. La plupart des gens n’en prennent conscience que lorsqu’elle prend l’une de ses formes les plus aiguës.

La recherche d’intégralité de l’ego

Un autre aspect de la douleur émotionnelle inhérent au mental et à l’ego, c’est le sentiment profondément ancré d’être incomplet, de ne pas être entier. Chez certaines personnes il est conscient, chez d’autres pas. S’il est conscient, il se manifeste sous la forme du sentiment dérangeant et permanent d’être insignifiant ou pas assez bien. S’il est inconscient, il ne sera ressenti qu’indirectement comme une soif, un désir et un besoin intenses. Dans un cas comme dans l’autre, les gens entament souvent une démarche boulimique de gratification de l’ego et aspirent à acquérir des choses auxquelles s’identifier pour pouvoir combler ce trou qu’ils sentent en eux. Alors ils courent après les biens, l’argent, le succès, le pouvoir, la reconnaissance ou une relation spéciale pour mieux se sentir, pour être plus complets. Mais même lorsqu’ils ont obtenu tout cela, ils découvrent sans tarder que le trou est encore là, qu’il est sans fond. Alors, ils sont vraiment en difficulté, car ils ne peuvent plus s’illusionner. En fait, ils le peuvent et le font, mais cela devient plus difficile.

Aussi longtemps que le mental, ou l’ego, mènera votre vie, vous ne pourrez vous sentir vraiment à l’aise, être en paix ou comblé, sauf pendant de brefs intervalles, quand vous aurez obtenu ce que vous vouliez ou qu’un besoin maladif aura été satisfait. Puisque l’ego est en soi une identité secondaire, il cherche à s’identifier à des objets extérieurs. Il a un constant besoin d’être défendu et nourri. Les choses auxquelles il s’identifie le plus communément sont les biens matériels, le statut social, la reconnaissance sociale, les connaissances et l’éducation, l’apparence physique, les aptitudes particulières, les relations, l’histoire personnelle et familiale, les systèmes de croyances et souvent, aussi, les formes d’identification collective, qu’elles soient d’ordre politique, nationaliste, racial, religieux ou autre. Vous n’êtes rien de cela. Cela vous effraie-t-il? Ou vous sentez-vous soulagé de l’entendre? Tout cela, vous devrez y renoncer tôt ou tard. Il vous sera peut-être difficile de le croire et je ne vous demande certainement pas de penser que vous ne pourrez trouver votre identité dans l’une ou l’autre de ces choses. Vous connaîtrez vous-même la vérité par l’expérience. Au plus tard, vous la connaîtrez lorsque vous sentirez la mort approcher. La mort vous dépouille de tout ce qui n’est pas vous. Le secret de la vie, c’est de « mourir avant de mourir » et de découvrir que la mort n’existe pas.

Voilà mes amis(es) comment on peut vivre avec un minimum de peurs, sans emploi, sans statut social, sans conjointe, sans horaire, sans bruits, sans dépendances, sans attentes, sans systèmes de croyance, sans identification collective,  sans désir de fuir, etc.  Vivre avec tout ses « sans » permet à le vie de remplir l’Espace enfin disponible.

Extrait du livre « Le Pouvoir du Moment Présent »  d’Eckhart Tolle


La transformation de la conscience

Traduction simultanée en français

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Nos deux loups

gnothi seautonUn homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère contre un ami qui s’était montré injuste envers lui :

« Laisse-moi te raconter une histoire… Il m’arrive aussi parfois de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n’en éprouvent aucun regret. Mais la haine t’épuise et ne blesse pas ton ennemi. C’est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J’ai souvent combattu ces sentiments ».

Il continua :

« c’est comme si j’avais deux loups à l’intérieur de moi : le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l’entoure et ne s’offense pas lorsqu’il n’y a pas lieu de s’offenser. Il combat uniquement lorsque c’est juste de le faire, et il le fait de manière juste. Mais l’autre loup, ah, il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n’importe qui, tout le temps, sans raison. Il n’est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère et pourtant sa colère ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l’intérieur de moi parce que tous deux veulent dominer mon esprit ».

Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda :
« lequel des deux l’emporte, grand-père ».

Le grand-père sourit et répondit doucement : « celui que je nourris ».

Histoire de la grenouille

Olivier ClercOlivier Clerc, écrivain et philosophe, a écrit un petit conte d’une grande richesse d’enseignement :

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.

Cette expérience (que je ne recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.

C’est exactement ce qui se produit dans la société où nous vivons. D’année en année, on observe une constante dégradation des valeurs, laquelle s’effectue cependant assez lentement pour que personne – ou presque – ne s’en offusque. Pourtant, comme la grenouille que l’on plonge brusquement dans de l’eau à 50°, il suffirait de prendre le Français (ou le Belge, ndlr ;-)) moyen du début des années 80 et, par exemple, de lui faire regarder la TV d’aujourd’hui ou lire les journaux actuels pour observer de sa part une réaction certaine de stupéfaction et d’incrédulité. Il peinerait à croire que l’on puisse un jour écrire des articles aussi médiocres dans le fond et irrespectueux dans la forme que ceux que nous trouvons normal de lire aujourd’hui, ou que puissent passer à l’écran le genre d’émissions débiles qu’on nous propose quotidiennement. L’augmentation de la vulgarité et de la grossièreté, l’évanouissement des repères et de la moralité, la relativisation de l’éthique, se sont effectués de telle façon – au ralenti – que bien peu l’ont remarqué ou dénoncé.

De même, si nous pouvions être subitement plongés en l’an 2022 et y observer ce que le monde sera devenu d’ici là, s’il continue de dévaler la pente sur laquelle il se trouve, nous en serions sans doute encore plus interloqués, tant il semble que le phénomène s’accélère (accélération rendue possible par la vitesse à laquelle nous sommes bombardés d’informations nouvelles et en oublions le reste). Notons d’ailleurs que les films futuristes s’accordent pour ainsi dire tous à nous présenter un futur certes  » hyper-technologique  » mais surtout des plus lugubres.

Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte. Il semble que l’une et l’autre soient aujourd’hui chose rare.

Sans conscience, nous devenons moins qu’humain.

Sans mémoire, nous pourrions passer chaque jour de la clarté à la nuit (et inversement) sans nous en rendre compte, car les changements d’intensité lumineuse sont trop lents pour être perçus par la pupille humaine. C’est la mémoire qui nous fait prendre conscience a posteriori de l’alternance du jour et de la nuit.

Gavée par trop d’informations inutiles, la mémoire s’émousse.

Abrutie par un excès de stimulations sensorielles, la conscience s’endort.

Et notre civilisation s’enfonce ainsi dans l’obscurité spirituelle, avec le délitement social, la dégradation environnementale, la dérive faustienne de la génétique et des biotechnologies, et l’abrutissement de masse – entre autres symptômes – par lesquels elle se traduit.

Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement, si l’on refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire.

Incidemment, ce principe fonctionne aussi au positif et même en cela il peut nous jouer des tours. Les efforts que l’on fait quotidiennement provoquent eux aussi des changements – positifs, cette fois – mais parfois trop faibles pour être immédiatement perçus ; ces améliorations sont pourtant bien là, et à ne pas les observer, certains se laissent décourager à tort.

Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?

En ne cessant d’accroître sa conscience, d’une part, et en conservant un souvenir intact de l’idéal et des buts que l’on s’est fixés.

L’entraînement et le développement de la conscience sont l’un des points communs de toutes les pratiques spirituelles : conscience de soi, conscience du corps, conscience du langage, conscience de ses pensées, conscience de ses émotions, conscience d’autrui, etc. Au-delà de tout dogme, de toute doctrine, de toute idéologie, l’élargissement et l’accroissement de la conscience devraient donc être considérés – bien plus que le développement des seules facultés intellectuelles – comme un comportement fondateur de notre statut d’humain et comme un moteur indispensable à notre évolution.

Olivier Clerc

Toi aussi

Je suis

« Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions,

ni mes perceptions sensorielles,

ni mes expériences.

Je ne suis pas le contenu de ma vie.

Je suis l’espace dans lequel tout ce produit.

Je suis la conscience.

Je suis le Présent.

Je suis ».

Eckhart Tolle

Eckart Tolle

➦Le pouvoir du moment présent

pensamiento creativo

Gnothi Seauton

Les habitués du site auront remarqué des changements dans mon pseudo et même dans la teneur de mes articles.

Tout d’abord, j’ai compris récemment quelque chose qui a fait office de révélation pour moi. Je l’explique dans l’article intitulé, Je suis.

Dans mon cheminement, j’ai lu et partagé beaucoup de concept. Aujourd’hui, je constate qu’une pièce du puzzle géant que j’essayais de construire me manquait. Cette pièce m’ouvre une porte sur « moi ». Ce fameux « moi »… Mon cher égo qui m’a porté jusque là. Nous avons encore un bout de chemin à faire ensemble. Maintenant que nous nous sommes découvert, nous devons faire connaissance…

Mon égo a plusieurs noms et l’un de ces noms est pensamiento creativo

Maintenant, je fais connaissance avec pensamiento creativo.

Gnothi SeautonGnothi Seauton n’est pas le nouveau nom de mon petit moi. C’est juste un leitmotiv que je partage avec vous. « Gnothi Seauton » signifie « Connais-toi toi-même » qui est une citation bien connue de Socrate.

Ma démarche est celle-ci:  j’essaye de ne plus m’identifier à autre chose que ce que Je suis…

« …Parce que le mental pensant est le sens du soi qui nait avec l’identification au mental conditionné, ce sens du soi entièrement fabriqué par le mental est toujours à la recherche du plus qu’il pourrait ajouter à lui même. Ainsi, il sera à la recherche de nouvelles idées à accumuler, de nouvelles croyances : maintenant je sais ce en quoi je crois ! Ou peut-être de nouvelles émotions qui deviendront des expériences…. » Extrait de la conférence d’Etkhart Tolle « La transformation de la conscience« 

Alors « pensamiento creativo » qui veut dire littéralement – « pensée créative » en espagnol – reprend toute sa signification…

Et justement, parlons-en :

Nous vivons dans un monde ou nous ne supportons plus de vivre dans le présent.

Nous vivons dans l’espoir de… et dans le regret de… Mais rarement dans le moment présent. Alors que finalement, il n’existe que ce moment. La pensée positive ou créative “fonctionne positivement” lorsqu’elle est vécue au présent.

Pour comprendre cela, il faut constater que ni le passé, ni le futur n’existe. Le passé est constitué de souvenir que nous choisissons ou non de revivre dans le présent. Le futur lorsqu’il arrive est notre présent. Il n’existe donc qu’un seul moment. Tout le reste n’est que construction mentale/égo.

La pensée créative est un choix… De manière perpétuelle, l’Univers nous demande : QUI VEUX-TU ÊTRE MAINTENANT?

La pensée créative, lorsqu’elle est Consciente, consiste à s’en remettre à notre Conscience.  Le témoin divin de nos pensées. Être le témoin de nos pensées soulève une question majeure : qui me regarde penser puisque je pense?

Descartes disait “je pense donc je suis”. Comment peut-il savoir qu’il pense s’il n’existe pas un Témoin de sa propre pensée?

Ce Témoin, c’est notre Conscience. Je l’appelle “Conscience” mais je pourrais l’appeler « Dieu » ou « le Tout » ou « l’Un « ou « la Conscience Universelle » ou encore, « La Vie »…

Lorsque nous nous regardons penser, nous atteignons une dimension spéciale. Celle de l’observateur. Et c’est alors Nous qui posons la question: QUI VEUX-TU ÊTRE MAINTENANT ?

L’Observateur va laisser aller librement le flot de ses pensées sans les retenir. Ceux qui pratiquent la méditation s’évertue à atteindre cette dimension d’acceptation et de non-résistance.

Lorsque vous vivez le moment présent, le flot de vos pensées devient moins sauvage. Le temps s’arrête et vous constatez à cet ultime moment qu’il n’existe pas. Vous vous r-éveillez…

Vous voilà en pleine création positive… Vous voilà à l’écoute de l’Univers qui vous demande: QUI VEUX-TU ÊTRE MAINTENANT?

Votre pensée est syntonisé avec votre Conscience divine… Vous êtes relié au Tout…

Pourquoi?

Parce que le temps n’existe pas. Si vous voulez créer quelque chose dans le futur. Vous demandez à l’Univers de créer quelque chose dans un lieu qui n’existe pas… Vous ne saisissez pas l’opportunité de répondre à sa question. QUI VEUX-TU ÊTRE MAINTENANT?

Il n’existe qu’une seule réponse à cette question…

Je suis

Toutes les autres servent le mental, l’égo…

Je veux ci… Je veux ça… Je voudrais ci… je voudrais ça…  J’aurai voulu ceci… j’aurai voulu cela…  J’espère ceci… J’espère cela… Je veux être comme-ci, je veux être comme-ça…

Il n’y a pas de mauvais choix. Choisir de nourrir son égo n’est pas un mauvais choix. C’est un choix  divin et ce choix n’altère en rien qui nous sommes. Notre véritable Essence ne peut pas être affectée ou blessée.  Ce choix est intrinsèquement lié à la raison de notre existence… Nous devons faire des expériences. La où se situe le problème, c’est lorsque nous nous identifions à nos choix et par la même occasion nous sortons de notre état de Conscience…

Celles et ceux qui veulent vivre dans l’Eveil doivent  être attentif à ne pas s’éloigner de leur Essence. Et pour cela, il faut choisir d’être Conscient quelque soit les expériences que nous vivons. Et plus nous resterons Conscient, plus nos expériences auront un gout de bonheur quelles qu’elles soient…

Une dernière chose par rapport à la pensée créative :

Nous sommes tous inter-connecté. Ce que vous voulez pour vous, vous le voulez pour l’Univers entier à commencer par votre prochain… Et ce que vous voulez pour votre prochain, vous le voulez pour l’Univers entier, à commencer par vous…

Namaste

Etre conscient

colère

Dans notre quotidien, chaque moment de notre vie est une opportunité à faire briller la lumière qui est en nous.  A chaque instant, nous interagissons avec notre environnement, avec les autres, avec des évènements, etc. Tous ces moments, nous les vivons avec plus ou moins d’intensité. Cette intensité, quelle qu’elle soit, est tantôt perçue comme chargée de négativité, tantôt perçue comme chargée de positivité. Nous voilà à la merci de ce qui nous arrive…

Le fait d’être conscient nous permet d’atteindre une nouvelle dimension. Une dimension où les évènements n’ont plus d’emprise sur nous. Une dimension où nous reconnaissons nos émotions sans s’identifier à elles. Une dimension où nous reconnaissons notre égo comme étant ce qu’il est et non comme étant notre identité.

Notre égo…

Ce petit moi, comme le nomme Eckhart Tolle, qui a grandi en même temps que nous et qui régi notre ressenti d’une façon que l’on pourrait qualifier d’aliénante.

Cet égo qui souvent, voir tout le temps, parle en notre nom et trouve nombreux interlocuteurs du même rang.

L’égo a cette particularité d’être très fragile. C’est pourquoi, il tend à se protéger de tout…et de rien. L’égo, quand il s’exprime n’a de pouvoir que sur lui-même ou un autre égo à l’écoute.

Voilà une situation que nous connaissons tous :

Vous êtes dans une file à l’intérieur d’un commerce et vous attendez votre tour depuis 20 min. Arrive enfin votre tour tant attendu. La caissière appelle « la personne suivante » et vous vous présentez devant elle. A ce moment là, alors que vous connaissiez votre place, quelqu’un qui est arrivé après vous, vous prend à partie car vous l’auriez dépassé.

Vous êtes pourtant de bonne foi et vous commencer à sentir de la colère face à l’attitude de cette personne qui remet en cause votre honnêteté devant tous les clients du magasin !

C’est à ce moment là que votre égo entre en scène… Il a été blessé ! Blessé par qui? Par l’égo de ce client qui vous fait passer pour quelqu’un de malhonnête.

Voici un schéma de la scène pour mieux comprendre :

Vous, vous êtes à droite sur le schéma. Les flèches représentent votre champ de perception.

Vous êtes en colère !

Vous êtes « colère »

égo

Ce type de situation arrive souvent. Quelqu’un vous coupe la route en voiture, vous perdez un objet auquel vous teniez (le schéma reste le même s’il s’agit d’évènement. Il suffit de remplacer le client mécontent du magasin par l’évènement en question.)

Pour pouvoir prendre le dessus sur l’égo, il s’agit d’atteindre un niveau de conscience nous permettant de nous dés-identifier de notre émotion, la colère.

Si nous parvenons à faire cela, notre niveau de conscience nous permettra de ne pas être affecté par cet évènement conflictuel et par la même occasion de l’apaiser. Car si l’égo du client qui vous a mis en cause ne trouve d’égo à qui parler, alors il se taira…

La démarche est simple pour atteindre ce niveau de conscience. Il s’agit simplement de changer son point de vue…

Comme cela :

conscience

Vous êtes maintenant … 3

L’égo du client qui vous a pris à parti, votre propre égo et La conscience qui surplombe le tout…

Vous êtes la conscience qui observe la scène sans la juger et qui voit que vous montrez des signes de colère…

Vous ressentez à ce moment là quelque chose de ce genre. Tient, je sens que l’égo de ce client essaye de parler à mon égo. Mon égo l’a entendu, et il est fâché. Mais je n’ai pas envie de le laisser s’exprimer. Je prends les choses en main…

– « Excusez-moi monsieur, je pensais être avant vous mais manifestement, je me suis trompé. Allez-y, passez devant. Vraiment désolé… »

Et l’égo du client de se dire :

Tient, il n’y a personne ici?!? Je pensais qu’il y avait un autre égo à qui parler???! Qu’est-ce que je vais faire maintenant? Je suis là à parler tout seul…

Ou bien il se dira :

Ouf, il n’y a pas d’autre égo ici qui puisse me mettre en péril ! Je l’ai échappé belle !

Ou encore :

Ce client, grâce à votre état de Conscience atteindra aussi ce niveau. Il ressentira quelque chose dans ce genre là : mais pourquoi je m’énerve pour une place. Ce client est sympathique et moi je me suis laissé dominer par la colère. Je ne suis pas cela ! Je ne suis pas colérique.

– « Non, c’est moi qui m’excuse de m’être emporter. Ça n’a aucune importance que vous passiez avant moi. En plus, si ça se trouve, vous étiez effectivement devant moi. Allez-y, monsieur… »

Et votre (La) conscience de s’amuser de la scène… Votre conscience s’amuse de votre propre égo et de celui du client mécontent. Il s’amuse mais ne se moque pas. La conscience ne juge pas.

Lorsque vous assistez à une naissance et alors que le bébé vit un de ses plus gros traumatisme et l’exprime en pleurant à grands cris, vous riez, vous  explosez de joie, vous faites des photos … en fait, vous vous amusez de la scène. Vous êtes conscient que le bébé n’est pas en danger … même s’il semble complètement traumatisé. Vous ne vous moquez pas du bébé qui pleure. Vous montrez seulement de la présence/amour par rapport à l’instant que vous vivez dans « l’ici – maintenant ».

Quand vous êtes conscient, vous êtes relié au Tout. Vous faites Un avec la Conscience Universelle…

Vous Etes

Tout simplement…

Namaste

➦Le pouvoir du moment présent

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